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lundi 2 janvier 2012

Ôde à la strangulation


Je rôdais dans la rue, lorsque mes yeux se posèrent sur elle. Légère, aérienne, tout juste pubère, elle fendait la foule d'un pas rapide, faisant ondoyer sa longue chevelure blonde. Elle ressemblait à une flammèche, et mes sens, attirés par sa lumière, se sont emballés. Je l'ai suivie discrètement. Par bonheur, elle s'engagea dans une ruelle déserte. Je vins au plus près pour humer son odeur. Elle exhalait des effluves frais d'une pureté virginale. Mes mains se posèrent fermement sur sa peau soyeuse, maîtrisant rapidement sa fougue. Mes doigts se serrèrent autour son cou très fin. Son corps raidi de surprise se laissa étendre sur les pavés. Elle s'agitait avec vigueur, tel un poisson happé par l'hameçon. Son regard candide exprimait une vive frayeur. Mon coeur battait avec violence, embrasé de volupté, tandis que mes phalanges s'enfonçaient dans sa chair. J'aurais voulu que ce moment dure plus longtemps, mais déjà elle faiblissait. Ses yeux se figèrent. Je l'abandonnai alors avec regret, alanguie comme la maîtresse qu'elle ne sera jamais. N'aie aucun regret, jolie innocente, tu as quitté ce monde avant d'être souillée. Je t'ai aimée plus fort qu'un amant...